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Voir des cérémonies shintô au Japon

Les voyageurs au Japon visitent très souvent des sanctuaires shintô au Japon, ils sont omniprésents, mais peu de gens connaissent quels sont les cérémonies ou les évènements qui s’y pratiquent. Un visiteur étranger peut-il seulement y participer ?

 

Quelles cérémonies ont lieux dans les sanctuaires shintô ?

Y-a-t-il des évènements particuliers à découvrir ?

Quels sont les interdits dans les sanctuaires shintô ?

 

Quelles cérémonies ont lieux dans les sanctuaires shintô ?

Le shintoïsme est une religion polythéiste (nombreux dieux) ce qui fait que les sanctuaires n’ont pas toujours la même fonction ou spécialité. Les sanctuaires Inari par exemple concernent la richesse et les bonnes récoltes, les rites seront légèrement différents que partout ailleurs. La règle sera cependant que les rites sont toujours pour une demande pratique bien précise : avoir de la chance dans son travail, devenir riche, protéger sa famille, guérir d’une maladie etc.

Contrairement aux temples bouddhistes on ne trouvera pas de séances de méditation, une pratique bouddhiste, d’enseignement ou de pratiques religieuses, on ne peut pas non plus passer une nuit en sanctuaire alors que cela se fait dans les temples bouddhistes.

Les rites sont effectués par des prêtres shintô (kannushi) assistés de prêtresses (miko) et sont payants. Tout le monde peur éventuellement demander la réalisation d’un rite mais il faudra connaître les bons gestes. Les cérémonies elles-mêmes ont lieu devant l’autel de la divinité locale et pourront paraître décevantes, elles sont souvent rapides et en petit groupe (selon la fréquentation du lieu). Le prêtre va psalmodier les noms, adresses et but de la visite des participants, ensuite chacun viendra déposer une branche symbolisant son offrande. Les miko joueront des instruments traditionnels et feront une danse rapide pour contenter le kami et ce sera tout. La forme du rite change selon le lieu mais globalement ils diffèrent peu.

Il existe cependant quelques rites plus particuliers.

Les danses kagura : ce sont les mêmes que les danses mentionnées plus haut. Au son du sistre, du tambour, de la cithare koto et d’autres instruments anciens les miko, portant couronnes et ornements, réalisent des danses qui sont fixées depuis le VIIe siècle ap. J-C. Dans certains cas ces danses se font dans des pavillons ouverts devant le temple lui-même appelés kagura-den. Cela fait que selon les temples vous aurez peut-être la chance d’observer ces danses quand une cérémonie a lieu. Il est fréquent d’en voir au sanctuaire Fushimi Inari Taisha près de Kyôto et elles méritent que l’on s’attarde.

 

Les cérémonies de mariage : ce sont les évènements qui font rêver les voyageurs et ils sont assez courants. Il n’est pas rare de croiser une procession de mariage quand on visite un sanctuaire le samedi ou le dimanche. La cérémonie elle-même n’est pas visible mais la procession qui s’y rend ou en revient se remarque. La mariée porte un kimono blanc immaculé, le shiromuku, avec une capuche wataboshi. Le marie porte un kimono noir sobre. Ils sont précédés par deux miko et le prêtre tandis que les familles les suivent en portant leurs plus beaux kimonos ou costumes occidentaux. Les photos ne sont pas interdites mais veillés à ne pas bloquer le chemin de la procession. Théoriquement un étranger peut demander une cérémonie de mariage mais elles sont très chères et sont accompagnées de tout un banquet. Le sanctuaire du Meiji Jingu à Tôkyô voit de très nombreux mariages si vous souhaitez avoir les meilleures chances d’en voir un.

Prières : le plus souvent vous n’aurez accès qu’à l’entrée du haiden, le bâtiment où ont lieu les cérémonies. C’est là que se trouve un tronc recevant les offrandes pour les prières simples. Les Japonais ne jettent que des pièces car on ne considère pas qu’une grande offrande soit plus efficace. La somme conseillée est de 5 yens car cela se prononce go-en qui est homonyme du mot chance. La prière se déroule toujours de la même manière : après avoir jeté votre pièce, sonnez la cloche suzu (elle sert à repousser les mauvais esprits), inclinez vous deux fois et frappez dans vos mains deux fois avant de prier. Après avoir fini votre prière inclinez-vous une dernière fois. Personne ne fait jamais de commentaire en voyant des étrangers prier, c’est ouvert à tout le monde.

Porte-bonheur et horoscopes : ils sont omniprésents dans les sanctuaires shintô et les temples bouddhistes. Vous trouverez des porte-bonheurs omamori, il y en a une infinité car chaque temple a son propre design et que les modèles varient selon la fonction : protéger contre les accidents de voiture, réussir les examens, trouver un conjoint, avoir un accouchement facile etc. Certains sanctuaires les plus particuliers ont des omamori uniques, le sanctuaire Toshogu de Nikkô abritant l’âme du shôgun Tokugawa Ieyasu vend des omamori pour obtenir la victoire sur ses ennemis (on reste dans le ton d’un samurai). Vous pourriez tout à fait commencer une collection.

Les sanctuaires vendent aussi des horoscopes omikuji que vous pouvez pendre pour conjurer si la prédiction ne vous plaît pas. Vous pourrez laisser des messages et prières au kami sous forme d’ema, une tablette de bois sur laquelle vous inscrirez votre prière. Vous l’afficherez ensuite à la vue de tous sur un présentoir prévu à cet effet où l’ema restera jusqu’à ce qu’il soit brulé, la fumée portera votre prière jusqu’au kami. Là aussi les tablettes ema sont souvent ornées selon l’identité du temple ou le signe astrologique de l’année, certains en font la collection : les ema de Fushimi Inari Taisha ont soit la forme d’une porte torii, soit d’une tête de renard que l’on pourra dessiner soi-même.

Je recommande toujours de demander un goshuin, c’est une calligraphie réalisée directement dans le temple attestant de votre passage, elle porte le nom du temple et son sceau rouge. Ces goshuin présentent parfois de très belles calligraphies qui coûtent 300 yens chacune. Vous pouvez la recevoir sur une feuille ou dans un carnet spécial mais on refusera de vous la faire sur un simple carnet ou cahier. C’est à mon sens un des plus beaux souvenirs à ramener du Japon et à faire encadrer. Dans le cas du Kinkaku-ji de Kyôto, le ticket d’entrée lui-même est un goshuin sur papier japonais, à conserver.

Rappelez-vous enfin que les sanctuaires sont des institutions privées qui ne touchent pas de subventions de l’Etat sauf pour réparer leur patrimoine. Leur entretien et fonctionnement dépend de leurs revenus et l’achat des omamori ou omikuji participe à leur survie, c’est un beau geste.

 

Fêtes et grands évènements

Les sanctuaires shintô sont aussi connus pour les festivals qui marquent le calendrier religieux de chaque lieu de culte. Tous les matsuri, les célèbres festivals japonais, sont des fêtes shintô liées à un sanctuaire. Lors de ces festivals ont sort généralement en procession l’autel portatif mikoshi du sanctuaire et des danses ont lieu. Les festivals japonais sont généralement très bruyants car il faut repousser les mauvaises influences et gagner les faveurs de la divinité. Les matsuri ont généralement lieu en été pour demander de bonnes récoltes et il en existe une infinité. Certains sont très connus comme le Nebuta Matsuri d’Aomori, le Sanja Matsuri d’Asakusa (Tôkyô) ou le Gion Matsuri de Kyôto, ils attirent des foules de Japonais mais aussi d’étrangers. Certaines personnes programment leur voyage au Japon spécialement pour y assister.

Il y a cependant d’autres évènements moins connus à voir dans les sanctuaires.

Si vous visitez le Japon en automne vous aurez toutes les chances d’assister au Shichigosan. Cette fête dure tout l’automne, durant cette période les familles se rendent dans les sanctuaires pour demander la protection des kamis pour leurs enfants. La visite se fait avec les enfants revêtus pour l’occasion de kimonos de fêtes, les parents eux-mêmes profitent de l’occasion pour sortir les kimonos des grandes occasions. Les petites filles porteront des kimonos de couleurs vives et claires ornées de fleurs et de jouets tandis que les garçons porteront des kimonos de couleurs plus sombres avec des motifs d’armes ou de faucons. En octobre et jusqu’en novembre vous verrez des familles dans chaque sanctuaire, les filles viennent à 3 et 7 ans tandis que les garçons viennent à 5 ans. Les familles seront ravies de vous faire admirer leur progéniture mais pensez à demander leur autorisation avant de prendre des photos, simple courtoisie.

Les rares visiteurs du Nouvel-an pourront aussi assister au Hatsumôde, la première visite de l’année. Théoriquement on peut faire le Hatsumôde jusqu’à la fin du premier mois, les gens ne sont pas toujours habillés pour l’occasion mais les jeunes femmes en profitent généralement pour revêtir leurs kimonos avec une double en (fausse) fourrure blanche pour l’hiver. Lors du Hatsumôde ont vient prier mais surtout tirer le premier horoscope, omikuji, de l’année car il est sensé être un indicateur pour toute l’année à venir.

 

Au printemps les parcs entourant les sanctuaires seront souvent visités pour admirer leurs nombreux cerisiers en fleur.

 

Règles de savoir-vivre et interdits.

On pourrait s’attendre à des interdits stricts dans les lieux de culte mais la religion shintô est étonnamment souple et on ne peut guère citer d’obligations à respecter lorsqu’on visite un sanctuaire.

Les visiteurs venant prier prennent toujours le soin de s’incliner en passant sous la porte torii marquant l’entrée du sanctuaire, ils le font aussi en repartant. Vous pourrez aussi vous purifier les mains et la bouche à la fontaine chôzuya qui marque toujours l’entrée du sanctuaire. Dans tous les cas ces gestes, qui font partie des rites, ne sont pas obligatoires et personne ne vous fera de remarque si vous ne vous y pliez pas.

D’autres règles relèvent plus du savoir vivre et de la politesse que de la religion : ne pas courir, ne pas crier, ne pas s’assoir sur les marches, manger, boire et fumer dans les lieux de cultes. On vous demandera aussi de ne pas prendre de photos de l’intérieur des bâtiments (même en restant à l’extérieur pour devancer la question des petits malins) ou des cérémonies qui sont en cours. Ne prenez pas en photo les prêtresses miko sans leur avoir demandé la permission.

Visiter un sanctuaire shintô est souvent une fenêtre ouverte pour comprendre les mentalités japonaises mais c’est aussi un voyage dans le passé par ses rites et ses croyances remontant aux origines du Japon. Une attitude respectueuse et un sourire sera toujours apprécié.

 

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