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Shukubo, une nuit dans un temple bouddhiste

Quand on recherche une étape originale au Japon on trouve souvent l’idée de passer une nuit dans un temple bouddhiste. C’est en fait une possibilité assez courante au Japon et ce n’est pas très difficile en ayant les bons renseignements. L’intérêt de passer une nuit en temple sera de se plonger dans une atmosphère unique, une des plus dépaysantes possibles.

 

Où se trouvent les temples les plus intéressants ou pratiques ?

Comment se déroule une nuit en temple ?

Y-a-t-il des activités particulières ?

 

 

Avant tout il faut éliminer les confusions, dormir en temple ne veut pas dire que vous allez vivre avec des moines et suivre une règle religieuse. Les shukubo (temples hébergeant des laïcs) ne sont pas des monastères et souvent ce sont même des petits temples tenus par la famille du prêtre, dans ce cas cela se rapproche plus de l’auberge familiale avec un temple. D’autres ne sont pas tenus par une famille mais proposent les mêmes services qu’un ryôkan.

Alors pourquoi est-ce intéressant ?

 

Trouver son temple

Le Japon compte un grand nombre de temples, tous ne proposent pas d’hébergement, c’est plutôt le cas dans des lieux accueillant des pèlerins et désormais aussi les touristes étrangers. Il n’y a pas d’obligation d’être bouddhiste pour y loger et aucune obligation de participer à des rites locaux, seul le respect est obligatoire.

 

Mont Koya

L’endroit le plus connu pour le shukubo est sans hésitation le Mont Kôya (Kôyasan), un véritable village de temple qui en compte plus de 150, la moitié environ sont des shukubo. Kôyasan existe depuis le VIIIe siècle et a toujours été particulièrement important. On s’y rend en train depuis Ôsaka en deux heures et il existe un pass spécial de la compagnie Nankai (Kôyasan World Heritage Ticket, 2 jours, 3100 JPY/personne). Les temples locaux sont nombreux, certains plus luxueux que d’autres mais généralement ils proposent les mêmes services. Je conseille particulièrement :

 

  • Saizen-in, qui dispose de deux chambres avec salle de bain pour ceux qui restent timides. Très bien placé près de la pagode Danjo-Garan.
  • Ichijô-in, d’une catégorie nettement plus élevée, à essayer pour avoir une belle expérience.
  • Saimon-in, pour ceux qui ont un budget plus serré mais c’est un temple très agréable.
  • Eko-in, un très bon temple pour un budget moyen.
  • Kongo Sanma-in, parce que ce n’est pas tous les jours que l’on peut dormir dans un lieu classé au patrimoine mondial de l’UNESCO (à cause de sa pagode à deux étages).

L’intérêt de Kôyasan, en dehors de la visite de ses lieux saints, est que tous ces temples sont anciens, vous dormez dans des pièces aménagées pour être confortables mais tout dans la décoration, les paravents, les bâtiments eux-mêmes sont des classés et protégés, datant de plusieurs siècles et on y sent le poids de l’histoire.

Le défaut de Kôyasan est cependant son succès, depuis quelques années les touristes étrangers y sont devenus très nombreux. Le dépaysement est au rendez-vous mais vous ne serez pas seuls.

 

Mes photos d'Ichijô-in

 

Mes photos de Saizen-in

 

Autour d'Osaka

Toujours autour d’Ôsaka on pourra aimer aussi une nuit à Shigisan qui compte plusieurs shukubo mais les plus connus sont le Gyokuzo-in ou le Senju-in. Ils ont l’avantage par rapport à Kôyasan d’être beaucoup moins fréquentés par les touristes étrangers. On y bénéficie aussi d’une source chaude locale pour les bains et l’endroit, même s’il manque de la patine du temps de Kôyasan, est intéressant à visiter et on y apprend beaucoup sur le bouddhisme.

 

 

J’apprécie aussi les temples de Nagano. Ces temples sont organisés autour du temple Zenkô-ji, le troisième temple le plus vaste du Japon après les temples de Nara. La ville de Nagano est née autour de ce temple et le centre historique est peuplé de petits temples satellites tenus pas des familles. L’ambiance est moins isolée qu’à Kôyasan et Shigisan puisqu’on est en ville mais l’accueil y a toujours été chaleureux. Un gros positif est de pouvoir suivre les rites du matin au temple Zenkô-ji voisin (gratuitement) dans une ambiance vraiment unique et peu souvent troublée par les touristes (qui ne se lèvent pas si tôt).

 

 

 

Kyôto aussi propose quelques shukubo. Les temples bouddhistes sont extrêmement nombreux en ville et certains étaient de véritables villes dans la ville. Aujourd’hui certains temples mineurs de ces grands ensembles acceptent de loger des visiteurs et peuvent être une solution bon marché et originale pour loger dans une ville comme Kyôto, vous serez certains de vous sortir des foules habituelles de touristes. J’ai personnellement essayé et aimé le temple Kingyû-in situé dans le complexe du temple Myôshin-ji. Le soir venu vous aurez vraiment l’impression de vous retrouver dans un Kyôto ancien.

 

Bien sûr cette liste n’est pas complète et de nombreux autres endroits proposent des nuits en temple.

 

Une nuit en temple, qu’est-ce que cela veut exactement ?

Comment je l’ai mentionné la nuit en shukubo est à classer dans les hébergements traditionnels. Cela veut dire que les chambres sont des chambres japonaises avec des tatamis et une literie futon. La décoration peut être, ou non, orientée vers les thèmes bouddhistes (ce sera particulièrement le cas à Kôyasan).

Comment souvent dans l’hébergement traditionnel, il n’y a pas de salle de bain privée dans les chambres, de même pour les toilettes. Certains temples disposent de chambres avec salle de bain mais elles sont généralement peu nombreuses, à Kôyasan les temples Saizen-in et Ichijô-in en ont quelques-unes (évidemment plus chères). Les bains seront des bains à la japonaise, généralement de petite taille, c’est le point fort de Shigisan de proposer l’eau d’une vraie source chaude pour leurs bains. N’oubliez pas d’apporter votre serviette, un yukata (kimono de coton) vous sera fourni sur place.

Le grand moment de la nuit en temple ce sont les repas (dîner et petit-déjeuner) qui sont tous des repas japonais déjà inclus dans la réservation. Ce sont des repas de Shôjin ryôri, c’est-à-dire la cuisine végétarienne réservée aux temples bouddhistes puisque les fidèles et le clergé n’étaient pas censés consommer d’être vivants. La shôjin ryôri est une merveille de saveur délicates très recherchées et affinées par des siècles d’expérience des moines qui tentèrent de rendre leurs repas variés et suffisamment nourrissants. Le tofu sous des formes très variées y tient une grande place. Le petit-déjeuner aussi sera dans ce style et il ne faudra généralement pas compter sur du café (au pire d’acheter quelques douceurs à consommer dans votre chambre).

En règle générale il y a peu de règles contraignantes dans les temples. Vous aurez un couvre-feu à respecter mais pas d’extinction des feux. Les chambres sont mixtes, les femmes et les enfants sont généralement bien accueillis.

 

Activités religieuses

Aucune personne passant une nuit dans un temple bouddhiste n’est obligée de suivre des rites ou des leçons religieuses, vous n’êtes pas là pour être convertis. Vous serez cependant libres d’assister aux prières du matin avec le prêtre. Elles ont vers 6h30, avant le petit-déjeuner, tous les visiteurs n’y vont pas, ce qui permet souvent de garder le côté authentique de la cérémonie.

La plupart des temples offrent cependant des activités religieuses, payantes, aux personnes intéressées. La nature de ces activités va dépendre de quelle école bouddhiste le temple fait partie car tous n’ont pas les mêmes croyances ni les mêmes rites. Généralement on retrouvera souvent :

 

  • La méditation: méditation zazen simple ou méditation tantrique Ajikan à Kôyasan, selon le type d’école du temple. Les séances durent habituellement une heure et sont ouvertes à tous les visiteurs, pas uniquement les clients du shukubo. Dans la très grande majorité des cas ce sont des séances entièrement en japonais donc il faudra se laisser piloter et copier sur son voisin.
  • La calligraphie shakyô: il s’agit plutôt de copie de sutras (textes sacrés) bouddhistes. Cela compte comme une prière et sorte de méditation. Le texte est à copier sur un modèle déjà fourni un peu à la manière d’un calque. On écrit avec le pinceau de calligraphie et l’encre de Chine. Cela demande un peu de pratique et une main légère.
  • Autres activités : lecture de sutras (trop difficile pour des étrangers), assister à un rituel du feu Goma (les prières sont brulées pour mieux parvenir à destination). Le temple Eko-in de Kôyasan propose des visites nocturnes accompagnées par un moine.

 

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