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Sortir d'Hiroshima : à vélo sur le Tobishima Kaido

A la suite de la découverte de lieux insolites dans la préfecture d’Okayama nos partenaires nous ont invité à découvrir la préfecture voisine d’Hiroshima. Elle n’est plus à présenter : le parc de la paix d’Hiroshima ou l’île de Miyajima où se trouve le Torii flottant sont connus de presque tous les visiteurs. Tout semble dit sur Hiroshima et pourtant c’est très près de la ville que se trouve notre destination : le chemin cyclable du Tobishima Kaido et le village préservé de Mitarai.

Recommandé : les amoureux de balades à vélo, les amateurs de slow tourism, les personnes recherchant des villages japonais authentiques.

La lanterne de pierre du port de Mitarai avec en arrière plan les îles de la Mer Intérieure japonaise.

Se rendre sur le Tobishima Kaido

Les îles à visiter se trouvent non loin de l’axe des shinkansen reliant Osaka-Kyôto à Hiroshima puis le Kyûshû. La solution la plus simple serait de partir d’Hiroshima, un train local San’yo permet de rejoindre en 50 minutes le point de départ à Kure. Pour ceux qui ont pris le chemin des écoliers en visitant des ports comme Onomichi ou Takehara il est possible de prendre la ligne Kure depuis Mihara.

Kure est une ville peu touristique, elle est surtout connue pour être le port d’attache de la marine japonaise, on y trouve d’ailleurs un beau musée pour les amateurs d’histoire militaire. Les visiteurs auront le choix d’aller par eux-mêmes jusqu’à Nigata ou d’être accueillis directement à la station de Kure.

Le trajet entre les îles 

Il est possible de commence rle tour à vélo depuis Nigata mais il est vraiment plus pratique de se laisser conduire après le pont d’Akinada et commencer son trajet depuis la première île du trajet. Il est aussi possible de se faire transporter directement jusqu’à Mitarai pour faire le trajet retour à vélo. Dans un sens ou dans l’autre le chemin fait 46 kilomètres de long avec une différence d’altitude maximum de 64 mètres. Il existe plusieurs chemins selon que l’on préfère une route plate en bord de mer ou une route passant par les reliefs et les différents belvédères des 7 îles de Tobishima. Il est donc possible d’adapter son trajet à ses compétences ou son envie de prendre son temps. Le chemin par lui-même pourrait prendre en moyenne trois heures sans arrêts mais peut facilement être rallongé.

Les vélos proposés ne sont pas des vélos tout-terrain mais des modèles classiques au Japon, des vélos électriques sont aussi disponibles dans un nombre plus limité. Il vaut mieux ne pas dépasser 1m80, la plupart des vélos étant adaptés au gabarit japonais.  

Visites : vers Mitarai l'endormie

Le trajet entre les 7 îles a pour principal intérêt de profiter des vues très variées des îles et ilots de la mer intérieure japonaise, la Setouchi. D’îles en îles en passant par les ponts vous aurez l’occasion de passer par de minuscules villages de pécheurs et des points de vue dominant le paysage. Ce qui fait tout l’intérêt du trajet se trouve cependant en fin de parcours : le port de Mitarai.

Mitarai est aujourd’hui un port endormi mais au XIXe siècle il grouillait d’activité. C’était l’un des principaux ports d’étape au cœur de la mer intérieure. Cela explique pourquoi l’endroit recèle quelques surprises architecturales. La plupart des grands clans de samurais y avaient une demeure pour leurs samurais de passage et la ville ne comptait pas moins de 300 geishas, autant qu’à Kyôto aujourd’hui, pour divertir tout le monde, du samurai ombragé au marin en goguette. Par la suite l’arrivée des navires à vapeur et la fin du régime féodal rendit l’arrêt à Mitarai inutile. Le port déclina et la ville s’endormit paisiblement. C’est là que se trouve tout l’intérêt de l’endroit, vous vous retrouvez au cœur d’un décor issu tout droit du Japon ancien fait de maisons de bois traditionnelles, de petits commerces, temples et quais de l’ancien port. Tout a été figé dans l’état où le déclin économique l’a pris.

Mitarai au début du XXe siècle

On y trouve notamment quelques surprises comme la dernière maison de geisha survivante du village avec ses pièces destinées à recevoir les hôtes de marque et son jardin, on y découvre un style de vie qui a aujourd’hui disparu. De même l’ancienne salle de spectacle Otomeza restaurée récemment garde l’atmosphère du début du XXe siècle avec sa grande salle couverte de tatamis. Le temple Manshuji, autrefois temple des marins de passage, reste considéré localement comme un power spot, un endroit pittoresque que les vagues venaient autrefois taquiner. Du temple il est possible de grimper jusqu’au parc Oiran dont le nom fait référence aux grandes geishas d’autrefois. L’autre principal temple de la ville, le Tenmangu méritera aussi d’être visité.

En fin de compte l’intérêt de Mitarai sera surtout l’atmosphère de ses rues en se promenant tranquillement. Les maisons sont ornées d’arrangements floraux qui représentent une véritable compétition permanente entre les habitants, des cafés (dont un café anglais tenu par un sujet britannique tombé amoureux du lieu) et des galeries d’art rendent la promenade agréable et reposante après le trajet à vélo.

Après le tour

Il est tout à fait possible de poursuivre son chemin vers le port d’Okumura qui relie les îles au port d’Imabari dans le Shikoku. L’autre solution serait de rendre les vélos et rentrer en bus vers Kure. La solution la meilleure sera cependant de passer la nuit dans un des minshukus locaux pour profiter le soir venu de la paix au bord de la mer intérieure. Ce serait ma solution favorite puisque ce serait aussi l’occasion de goûter le poisson local, très savoureux, et toute la cuisine à base d’agrumes. Mitarai est célèbre pour ses citrons yuzu et ses mandarines mikan (que l’on peut éventuellement aller cueillir soi-même). Mes recommandations pour loger à Mitarai seraient :

Minshuku Shintoyo, récemment restauré avec une très bonne cuisine. Les chambres ont des literies occidentales et incluent des salles de bain mais le tout dans une maison traditionnelle rénovée avec goût.

Guesthouse Hatagoya Kusushi. Le confort y est sans un peu plus spartiate mais la maison ancienne a son charme et elle est très chaleureuse.

Les personnes ayant fait le choix de partir en vélo depuis Mitarai auront à leur disposition d’autres minshukus en cours de chemin. Une solution de logement originale serait de s’arrêter au parc Shirasakien, juste avant le pont Akinada. Des pavillons y ont été aménagés. Le confort semble spartiate mais les commodités sont impeccables, il faudra cependant y venir avec de quoi dîner. Imaginez cependant le confort de la soirée dans une maison traditionnelle japonaise sans contact avec la modernité autour du foyer au bois.

Au final, un tour à vélo sur les îles de Tobishima peut constituer une visite à la journée autour d’Hiroshima ou devenir l’étape d’une nuit pour se sortir totalement des sentiers battus et des lieux extrêmement fréquentés comme Miyajima.

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