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Eviter la foule au Japon

En 2019, comme chaque année le Japon battait son record de fréquentation touristiques et voyait apparaître les premiers effets négatifs dus aux foules de touristes. Certains endroits très connus sont devenus particulièrement pénibles à visiter mais un voyageur respectueux pourra encore avoir l’occasion de les visiter en paix. Voici comment.

 

Quels sont les endroits les plus fréquentés ? Quelles solutions peut-on trouver pour les visiter en paix et s’éloigner des foules ? Y-a-t-il des astuces à connaître ?

 

Asakusa, Tôkyô

Tôkyô est une ville immense où on ne peut pas échapper aux foules longtemps mais visiter des quartiers comme Shibuya noyés de passants reste acceptable car c’est l’état normal du quartier. A Asakusa en revanche, le temple Sensô-ji est surchargé de touristes et remonter la rue Nakamise vers le temple est une véritable épreuve selon les journées. La visite du temple lui-même ne pose pas de problème mais la foule vous rendra facilement mal à l’aise.

Solution : il y a en plusieurs. La plus simple est de se rendre jusqu’au temple Sensô-ji en évitant la rue Nakamise, de chaque côté de la rue marchande vous avez des ruelles parallèles qui forment l’arrière des boutiques, ces ruelles sont habituellement plus faciles à circuler. D’autres chemins sont aussi envisageables mais vous aurez toujours la foule visitant le temple.

Vous pourrez au moins commencer par vous rendre à l’office du tourisme d’Asakusa qui est un grand bâtiment design faisant face à la porte Kaminari. En montant en ascenseur jusqu’au dernier étage vous aurez une terrasse pour observer tout le quartier ainsi que la tour SkyTree à un kilomètre de là.

  Ma solution préférée sera cependant de venir visiter le temple en dehors des heures, c’est-à-dire le matin avant 9h ou le soir après 18h. Le soir sera une meilleure solution car vous aurez la possibilité de dîner dans un des nombreux restaurants-izakaya qui entourent le temple et où vous serez au contact d’une ambiance tapas à la japonaise. Le point négatif étant que même si vous pouvez entrer dans l’enceinte du temple vous ne pourrez pas entrer dans celui-ci et les boutiques de la Nakamise seront fermés même si personnellement je ne trouve pas que cela soit une perte.

 

Hakone

Hakone est réputé pour sa vue du Mont Fuji, quand celui-ci est visible, et pour être l’étape presque obligée pour une nuit en ryôkan. Si vous n’avez pas d’autre choix que d’aller à Hakone sachez que les transports sont organisés comme un circuit au départ de la gare d’Hakone-Yumoto dont il est quasiment obligé de se libérer. Ce trajet vous emmènera aux bords du lac Ashi pour le traverser, monter aux fumerolles d’Owakudani et ensuite redescendre par un funiculaire et le train vers Hakone Yumoto. Ce trajet prend la majeure partie de la journée, ne soyez pas surpris de retrouver les mêmes têtes à chaque étapes car presque tout le monde suit ce trajet.

Solution : il existe des moyens de personnalisé sa visite d’Hakone en sortant du circuit conseillé. Depuis Hakone Yumoto vous pourrez prendre le même bus que tout le monde mais en vous arrêtant à l’arrêt Amazake Chaya. Vous y trouverez une ancienne maison paysanne qui servait d’étape aux voyageurs sur le chemin Tôkaidô. On y sert toujours les clients dans l’unique pièce au sol de terre battue et au toit de chaume, rien n’a changé et l’endroit est très agréable. Depuis Amazake Chaya vous pourrez prendre une des rares sections du Tôkaidô encore intactes. Ce chemin vous fera traverser la passe d’Hakone en une heure par un chemin pavé et bordé de cèdres japonais. Attention toutefois car la montée dans la première partie sera assez raide mais ne durera pas longtemps. Au bout du chemin vous arriverez aux bords du lac, directement près de l’embarcadère pour traverser le fleuve.

Un autre moyen de se sortir du circuit sera de prendre un bus depuis Moto-Hakone vers l’arrêt Hakone-en. De là vous pourrez monter sur l’autre téléphérique d’Hakone, celui qui n’est pas connu, pour monter au sommet du volcan Komagatake. L’endroit est beaucoup moins aménagé et fréquenté mais très beau avec une végétation d’herbes basses et des points de vue sur toute la région. Un chemin mène vers le sanctuaire intérieur d’Hakone. Il faudra cependant prendre le chemin au retour pour retourner vers Moto-Hakone en bus.

Ma solution préférée est cependant de s’aménager un arrêt pour visiter le musée en plein air de Chokoku-no-mori. C’est un musée de sculpture contemporaine où les œuvres d’art furent aménagées à l’extérieur pour être en harmonie avec leur environnement, il y a aussi une impressionnante collection d’œuvres de Picasso. Pour ceux qui n’aiment pas l’art contemporain l’arrêt vaudra quand même la peine. La promenade dans le parc lui-même est agréable et vous avez aussi un bain de pieds tiré des sources chaudes disponible pour vous délasser. Si vous êtes avec des enfants l’endroit sera parfait pour qu’ils puissent s’amuser car certaines œuvres sont conçues pour que les enfants y jouent (et s’y défoulent), il y a aussi un labyrinthe où les perdre.

 

Kyôto, Gion

Gion est aussi connu comme le quartier des geishas et cette réputation fait que les touristes y sont particulièrement nombreux. C’est aussi le premier endroit au Japon à avoir pris des mesures contre ces mêmes touristes, par exemple l’interdiction de prendre en photo les maisons et bâtiments traditionnels du quartier. C’est là aussi que les malheureuses geishas et maikos ne peuvent plus faire un pas dehors sans être bloquée par des foules toutes désireuses d’avoir leur photo, sans hésiter à attraper les maikos par leur kimono pour les faire s’arrêter.

Solution : la très grande majorité des foules se concentrent sur la Hanamikoji jusqu’au Gion center et dans les ruelles alentours. Il est assez facile de s’en éloigner. Au bout de la rue Hanamikoji se trouve le temple zen Kennin-ji, qui mérite lui-même la visite pour son jardin zen, et le sanctuaire Yasui Kompira-gu qui est connu pour son son monument couvert de prières. Au-delà de ces deux temples vous trouverez un dédale de petites rues avec des maisons kyôtoïtes anciennes et peu rénovées. Ce n’est pas un quartier pour touristes et c’est ce qui en fait l’intérêt, vous pourrez avoir un aperçu du Kyôto quotidien. Une autre solution serait aussi de venir en début de soirée (18h-19h) lorsque les lampes rouges des restaurants et le sanctuaire Yasaka commencent à être illuminés, il y a aura un peu moins de foule et le quartier deviendra particulièrement beau.

 

En cas de rencontre avec une geisha

Il n’est pas impossible d’en croiser une par inadvertance, même si cela devient rare. Elles se rendent souvent à leurs rendez-vous du soir vers 18h portant leur maquillage et kimonos traditionnels. Si vous les rencontrez rappelez-vous qu’elles ne se promènent pas, elles partent travailler et il ne faut donc pas les retarder. Ne leur bloquez pas le passage, ne les arrêtez pas pour demander une photo (elles seraient obligées d’être d’accord, leur image leur impose). Laissez-les passer, prenez un cliché rapide sans être gênant et contentez-vous d’apprécier cette rencontre unique et brève.

 

Kyôto, Fushimi Inari Taisha

C’est l’endroit le plus visité du Japon par les visiteurs étrangers et les passages par les couloirs de torii se font désormais au pas dans une queue immense. C’est sans doute un des endroits les plus pénibles à visiter du fait du parcours imposé par les torii. Malgré les apparences, obtenir la fameuse photo de ces couloirs sans personne est mission impossible ou nécessite de créer un embouteillage monstrueux qui vous attirera des remarques assassines.

Solution : Il y a bien sûr la solution de s’y rendre tôt ou en fin de journée mais généralement le sanctuaire se remplit rapidement et reste fréquenté jusqu’à tard. Ma solution serait de sauter les premières étapes où se concentre la foule. Le couloir de torii s’étend jusqu’au sommet du Mont Inari et fait plusieurs étapes où se trouvent des autels religieux, la partie la plus concentrée part du sanctuaire principal et se rend jusqu’à la première étape. Vous pourrez prendre un détour par un chemin qui vous ramènera au couloir de torii après la première étape. Vous n’aurez alors qu’un nombre raisonnable de d’autres visiteurs avec vous. Plus vous monterez vers le sommet moins vous rencontrerez de touristes et vous profiterez plus de l’ambiance unique de ce chemin en forêt couvert par les torii. Près du sommet vous serez parfois seul et vous aurez votre cliché vierge de hordes touristiques. Il vous faudra prendre votre temps car l’aller-retour durera en moyenne 1h30.

 

Hiroshima, Miyajima

L’île de Miyajima est jumelée avec le Mont Saint-Michel et la comparaison est clairement visible quand on voit le nombre de visiteurs que reçoit l’île quotidiennement. A partir de 9h30 environ les ferries font débarquer un flot incessant de visiteurs japonais et étrangers. Ceux-ci se concentrent le plus souvent autour du torii flottant et du sanctuaire d’Itsukishima, les rues du village y menant sont généralement pleine et à l’heure du déjeuner vous aurez immanquablement des temps d’attente assez longs.

Solution : la première chose à faire serait évidemment de se sortir des endroits les plus fréquentés, les foules n’aiment guère s’éloigner. Près du torii flottant vous aurez déjà le choix avec le Senjokaku qui généralement peu visité et offre depuis sa terrasse une superbe vue sur les lieux sacrés de l’île. En s’éloignant encore un peu vous pourrez vous rendre aussi au temple Daishô-in, un temple éclectique qui compte un très grand nombre de statues et de pavillons très différents les uns des autres, ce temple donne souvent l’impression d’un joyeux désordre mais reste très beau à visiter, tout en étant peu fréquenté.

La meilleure solution cependant sera de se réserver une nuit dans un des ryôkan de l’île. C’est une solution onéreuse car ces ryôkans sont chers mais à partir de 17h-18h vous vous retrouverez brusquement seuls, l’île sera à vous pour promener en soirée ou tôt le lendemain. Les photos au lever du soleil offrent toujours la meilleure lumière.

Si vous choisissez cette solution je vous conseille de garder le torii flottant pour le soir et visiter Senjokaku et Daishô-in en journée. Une bonne solution sera encore de s’éloigner encore plus. Prenez le téléphérique menant au sommet du Mont Misen pour avoir une vue panoramique sur la mer intérieure japonaise. Vous trouverez un chemin pédestre jusqu’au temple Reikado où brûle une flamme éternelle allumée 12 siècles plus tôt par le moine Kobo Daishi, avec un peu de chance vous pourrez voir des singes sur le chemin. Depuis le sommet du Mont Misen vous pourrez emprunter des chemins de descente en forêt qui vous ramèneront vers le village en une grosse heure de marche. Vous aurez ainsi un programme en journée qui vous éloignera de la foule.

 

Les matsuri (festivals)

C’est devenu un problème récurrent ces dernières années. Un grand nombre de festivals, matsuri, en particulier en été, sont désormais tellement fréquentés par les touristes qu’ils en empêchent le bon déroulement. Ces derniers poussent et bousculent pour se placer aux premiers rangs, bloquent la vue avec des cannes à selfie et dans certains cas se montrent importuns. Ce n’est évidemment pas une règle, beaucoup de visiteurs restent respectueux, mais les matsuri sont souvent des affaires de quartier et réunissent les habitants (je ne parle pas des grands matsuri de Kyôto et Tôkyô) et l’ambiance y est habituellement familiale et bon enfant. Rappelez-vous que votre présence temporaire au Japon ne vous donne pas le droit de passer avant les autres, même si vous voulez en profiter au maximum.

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