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Découvrir la Méditerranée japonaise

Le nom peut sembler exagérer mais le Japon a bel et bien une mer intérieure, on y trouve même des oliviers ! La Setouchi (littéralement la Mer Intérieure) est ce bras de mer qui séparer l’Ouest de l’Honshû à l’île de Shikoku et constitue une petite mer fermée aux milliers d’îles et îlots. Cette région peu visitée regorge de perles : villages, îles, temples, paysages, chemins de randonnées etc. Il nous a fallu plusieurs jours avec notre partenaire Heartland Japan pour commencer à en égratigner le potentiel.

Qu’est-ce que la mer intérieure japonaise ?

Comment intégrer cette étape dans un voyage au Japon ?

Pourquoi se rendre sur les îles ?

Quelles possibilités de logement ?

Quel intérêt pour une agence de voyage de proposer cette étape ?

 

Centre d’intérêt : tourisme local, tourisme durable, sortir des sentiers battus, mer.

 

Notre parcours

Notre programme de 6 jours nous a fait passé sur les préfectures d’Okayama, Hiroshima et Yamaguchi en commençant par le petit archipel d’île au départ de Kasaoka (préfecture d’Okayama).

Okayama est une préfecture intéressante pour le tourisme. Elle est située entre Ôsaka/Kyôto et Hiroshima, un chemin souvent pris par les visiteurs souhaitant se rendre à Hiroshima et Miyajima mais sur lequel ils font rarement un arrêt. Ce trajet est desservi par une ligne Shinkansen avec des arrêts à Okayama et Fukuyama et un réseau dense de trains locaux. Il est facile d’y venir en une heure depuis Ôsaka/Kyôto puis de s’y déplacer. C’est aussi la porte d’entrée pour se rendre vers Matsue et l’île de Shikoku. C’est donc un lieu de passage important et riche en points d’intérêts.

Les principaux points d’intérêts d’Okayama sont le jardin Korakuen (Okayama) et son château. Le quartier préservé du canal à Kurashiki. L’île de Naoshima et ses musées d’arts contemporains. Le château de Bitchu-Matsuyama. La plaine de Kibi (populaire pour les tours à vélo).

 

Notre journée

Le programme de notre journée nous a plutôt porté vers la mer et l’archipel de petites îles en partant de Kasaoka : Shiraishi shima, Kitagi hima, Mu shima et Manabe shima.

Nous sommes arrivés en shinkansen à Fukuyama où nous avons changé sur un train local vers la gare de Kasaoka en 15 minutes (45 minutes depuis Okayama). De là nous avons embarqué dans un bateau privé (comptez 60 000 JPY à la journée) mais des ferries sont disponibles pour accéder à toutes les îles. Le trajet en bateau est très agréable par beau temps avec une mer calme et de nombreux bateaux croisant dans les mêmes eaux.

Shiraishi shima

Shiraishi est la petite île japonaise rêvée par tous les visiteurs. On y trouve un petit village aux maisons anciennes et en partie dépeuplé. C’est le genre de paysage que l’on peut imaginer en pensant à un village japonais endormi. On y trouve encore de nombreux jardins, vergers et temples locaux. Nous avons eu la chance de visiter l’île durant les feuillages d’automne mais l’endroit est visitable en toute saison. C’est aussi un lieu de randonnée avec des chemins pouvant occuper des promeneurs jusqu’à 3 heures. On y trouve une petite auberge familiale et un café végan récent. C’est un lieu de promenade pour les visiteurs venus de l’Honshû et l’île est facilement visitable en arrêt à la journée pour revenir ensuite dormir à Okayama ou partir ensuite vers Hiroshima. Au mois d’août on peut venir y voir les danses folkloriques de Shiraishi qui font parti du patrimoine vivant japonais.

Le principal intérêt de Shiraishi est cette plongée dans une vie plus calme et lente, la rencontre avec les habitants, très accueillants, et la découverte de sa nature. Les paysages sur la mer intérieure depuis son point culminant sont superbes.

Kitagi shima

Kitagi shima a une histoire. C’était la plus importante carrière de granit du pays. Elle a fourni les blocs du château d’Ôsaka et de nombreux monuments de Tôkyô. On peut encore y visiter les carrières de granit en se promenant autour du village. Cela peut être intéressant mais je dois avouer que cela n’a pas éveillé outre mesure mon intérêt.

Là où Kitagi shima s’est révélée surprenante fut notre expérience avec les pécheurs locaux. Il est possible d’organiser une rencontre sur les bateaux des pécheurs mêmes et partager quelques moments avec eux. C’était une rencontre extrêmement intéressante où nous avons pu marcher sur les casiers à huitres avec les pécheurs. Nous avons dégusté ensuite quelques huitres récoltées et ouvertes pour l’occasion avec un vin blanc japonais. En milieu d’après-midi par beau temps c’était véritablement une rencontre et une expérience culinaire mémorable. Comptez une rencontre de 30 minutes ou plus si vous discutez longtemps, un guide sera nécessaire.

Mu shima

La plus petite des îles et la plus éloignée, n’était cependant pas la moindre. Notre but était de nous rendre au phare local pour observer le coucher de soleil sur la mer intérieure, un moment qui rend un voyage unique. Ce qui nous a cependant touché durant cette étape a été la taille humaine du village, nous avons ainsi rencontré les trois écoliers de l’île rentrant depuis une autre île et une simple table sur un quai se révéla être le lieu de réunion et de convivialité des pécheurs et des anciens, juste en face de la micro-brasserie locale. Goûter la bière locale sur le quai avec les habitants a été sans doute la meilleure expérience de la journée.

Manabe shima

Nous avons terminé notre tour sur Manabe shima, où nous avons dormi. L’île évoque peut-être des souvenirs aux Français car un dessinateur a publié son temps passé sur l’île il y a une dizaine d’années (Florent Chavouet, Manabeshima) et depuis rien n’a changé. Manabe shima est ce que l’on appelle une île à chat, la population féline dépasse la population humaine. C’est aussi une île aux nombreuses maisons anciennes qui offrent des vues de petites ruelles pittoresques. Pas de cafés, de boutiques de souvenirs ou autres, les îles de Kasaoka ne sont pas concernées par le tourisme de masse, même pas par le tourisme plus simple, il s’agit véritablement d’un lieu en dehors des circuits, authentique.

On y trouve cependant de quoi se loger avec l’auberge Santora. C’est un lieu que je recommande, on y accède à pied à travers un chemin par les collines (15 minutes) ou par la mer depuis son débarcadère personnel. Les visiteurs on alors pour eux seuls une plage privée et des bains en plein air. Les repas y sont copieux et totalement locaux, les chambres sont aménagées dans une ancienne école désaffectée. L’endroit a le charme d’un lieu séparé du monde. On pourrait facilement y passer plusieurs nuits pour s’isoler (mais il y a tout de même du wifi, je n’aurais pas survécu sinon).

 

A qui s’adressent les îles de Kasaoka ?

L’ambition de la préfecture d’Okayama est de créer un tour organisé pour des visiteurs étrangers à la recherche d’un tourisme plus lent et tourné vers les rencontres. L’effort est louable et il aura l’avantage de permettre à tous de profiter de transports facilités et d’une guide. Je pense cependant que des visiteurs en FIT débrouillards pourraient aussi profiter de cette étape sur le chemin entre Kyôto et Hiroshima. Il y a possibilité de passer une ou deux nuits dans des auberges anciennes ou très récentes, les possibilités pour déjeuner ne manquent pas (un ou deux restaurants pas île) et vous avez tous les ingrédients pour des randonnées, visites culturelles, rencontres et expériences. Le décalage avec le Japon des villes et des temples est fort. Toute personne ayant un goût pour un tourisme local, qui souhaite rencontrer des Japonais, prendre son temps, explorer et se balader y trouvera son compte. Toute agence proposant ce genre d’étape y trouvera un valeur ajoutée évidente.

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